SOUMEILHAN "dit Gascon la tranquillité, l'ami des belles et le soutien de la liberté"

A la fois ancien et nouveau membre G.G.G. je vous présente une partie de mes recherches. Si certains parmi vous s’intéressent au patronyme Soumeilhan je serai heureux d’échanger avec eux (docsoum@wanadoo.fr)

 

L’an 1852 le vingt neuf novembre à huit heures du matin par devant nous maire officier de l’état civil de la commune de Gaujan canton de Lombez département du Gers ont comparu Jean François Soumeilhan agé de quarante et un an charpentier domicilié à Gaujan; lequel nous a présenté un enfant de sexe masculin né aujourd’hui à quatre heures du matin, de lui déclarant et de Jeanne Julie son épouse et auquel il a déclaré vouloir donner les prénoms de Antoine Dominique. Les dites déclarations présentations faites en présence de Simon Passama agé de soixante quinze ans et de François Dépray âgé de trente trois ans cultivateur domicilié à Gaujan et le père de l’enfant signé avec nous le présent acte de naissance après lecture faite ….

 Pour situer l’époque :

21 novembre : Plébiscite approuvant le rétablissement de l'Empire (7 824 189 voix contre 253 145).

Le 2 Décembre, Louis Napoléon Bonaparte faisait son entrée solennelle à Paris et prenait le nom de Napoléon III

Antoine Soumeilhan est le fils de Jean François Soumeilhan charpentier à Gaujan et, de Jeanne Julie Brux

Jean François Soumeilhan est le fils de Jean Soumeilhan né le 3 Septembre 1811 à Gaujan, et de Paule Forgues

 

Jeanne Julie Brux est la fille de Joseph Brux née à Villefranche d’Astarac et de Jeanne Lacaze

A propos de la famille Brux, suite à une correspondance entre Jeanne Soumeilhan (la fille d’ Antoine Dominique) et le Maire de Gaujan, datée du 4 Novembre 1954, c’était une famille noble d’écosse, autrefois « de Brux »

   De l’acte de naissance d’Antoine  Soumeilhan à son mariage, nous ne  connaissons  pas grand-chose, cependant son livret militaire nous renseigne quelque peu.

                Ce livret militaire nous indique qu’il est de la classe 1872, mais que déjà l’administration faisait des erreurs en le déclarant né le 9 Novembre !

            Nous savons aussi qu’il était charron et qu’au tirage au sort du canton de Lombez qui à cette époque recrutait les soldats il a eu le N° 22. Plus important pour nous qui ne l’avons pas connu, il avait les cheveux et les sourcils châtain, les yeux gris, un nez moyen, une bouche grande, un menton rond, un visage ovale et mesurait 1m.71. En tournant les pages, nous apprenons qu’il est affecté à Avignon au régiment d’Artillerie Pontonniers. Il nous indique aussi que 2° pontonnier en mars 1874, il est pontonnier le 1er janvier 1876, puis Maître Ouvrier le 10 Novembre de la même année. 

            A cette époque, le service militaire durait 5 ans. Nous avons lu dans ce livret militaire, sans lequel nous ne saurions rien, qu’il savait lire et écrire, nager, qu’il a participé à de nombreuses formations, escrime, tir, pontage, navigation. De charron il acquiert le degré de force de charpentier. 

            Renvoyé dans la réserve de l’armée active et dans ses foyers à Gaujan, le 5 octobre 1877, nous le retrouvons à Toulouse du 7 octobre au 16 octobre1877. Il arrive à Bordeaux le 3 septembre 1878, puis au Mans sans doute à l'automne 1879.

 

            Pendant cette période a-t’il fait son tour de France de compagnonnage? On peut le supposer car sur sa baisaigüe retrouvée à Chartres, son nom de compagnon est gravé :

            SOUMEILHAN DIT GASCON LA TRANQUILITE L’AMI DES BELLES ET LESOUTIEN DE LA LIBERTE

De son séjour au Mans nous savons qu’il a participé à la construction de la manufacture des tabacs comme contremaître et qu’il a donné entière satisfaction, comme l’indique son certificat de travail .

Nous retrouvons Antoine à Chartres où il se marie avec Isabelle Blanche Fournier, le Lundi 3 Août 1885, il est âgé de 32 ans, Isabelle est âgée de 24 ans. Il demeurait à cette époque 26 rue du Grand Faubourg. On peut supposer qu’il a rencontré Isabelle Blanche dans ce quartier où elle était cuisinière. Elle demeurait 13 place Châtelet

Isabelle Blanche Fournier est née à Chenu dans la Sarthe, village à mi-chemin entre Le Mans et Tours, fille de Julien Alexandre Fournier et de Marie Madeleine Avril. A cette époque Marie Madeleine Fournier, veuve de Julien Alexandre vivait à Verneuil, Indre et Loire.

Après ce mariage, ils ont emménage prés de la porte Guillaume 16 rue du Puits Berchot la cour de cet immeuble de logement ouvriers lui permettait sans doute de tailler quelques charpentes. C’est là qu’est née Jeanne Soumeilhan le 22 Novembre 1890.

C’est durant ces années qu’Antoine s’est fait connaitre en accrochant l’oriflamme de la Vierge au clocher vieux de la Cathédrale de Chartres.

Je cite à ce propos un passage de la monographie de: « Henri Dhuy, Ma porte Guillaume Chartres imprimerie de l’Echo Républicain 1946»

  Puisque nous sommes à l'angle de la rue du Puits Berchot, entrons-y. Aussitôt après la boulangerie s trouvait une assez grande bâtisse où logeaient des ouvriers et des employés, et surtout le ménage Soumeilhan. Le mari était le charpentier modèle à la culotte de velours à côtes se terminant à la houssarde sur la chaussure, et faisant un bruit assez énervant à la marche par le frottement de la robuste étoffe. Le mètre dépassait d’une petite poche latérale .

Et il était célèbre, car lui seul consentait à gravir, chaque année, la veille du grand pèlerinage, l'échelle de fer rouillée escaladant jusqu’à la croix, la pointe du clocher neuf, pour y dérouler, dans le vent du large, l’immense oriflamme bleu et blanc qu’il portait sur son dos, comme Jésus sa croix.

Sa femme s’enfermait à la cave. Du pont Bouju le spectacle de cette performance vertigineuse était terrifiant. Quand il sortait, comme insecte de la fenêtre béante où s’amorçait l’échelle on se voilait la face. Lui faisait cela comme on lampe un verre de vin.

 

 

Cet exploit, car je n’ai jamais entendu dire qu’une autre personne l’ait renouvelé,(sauf à la libération de la ville ou le drapeau tricolore a été levé.)  l’a rendu célèbre et à certainement contribué à la naissance de l’entreprise de charpente. Des photographies de cette performance ont été prises à l’époque par Charles-Émile-Étienne Nessler dont le fond photographique a été sauvé par André Rioton petit fils d’ Antoine, il est consultable aux Archives Départementales d’ Eure et Loir

Si cette escalade spectaculaire a assuré sa notoriété dans la ville et aux alentours, son travail le plus intéressant a été la construction d’un échafaudage autour du clocher vieux de la cathédrale.

Le 14 Juillet 1902, le campanile Saint Marc de Venise s’est effondré sur lui-même, effondrement qui eut une grande répercussion à travers le monde. Les autorités chartraines et des Beaux Arts savaient que le cocher vieux de la cathédrale présentait de dangereuses faiblesses. Il fut rapidement entrepris de le restaurer afin qu’il ne connaisse même sort.

Pour le faire, il fallait un échafaudage permettant aux ouvriers de travailler la pierre en toute sécurité. Ce  travail fut confié à Antoine Soumeilhan.

Le photos suivantes illustrent mieux ce propos qu’un long discours.Après cette réalisation, il eut droit à la médaille d’argent

archiectes d'Eure et Loir

 

 

 

 

 

 

 

Antoine Soumeilhan à gauche (et son compagon Chalenge)

 

 

1922 Charles Nessler (l’auteur des photographies) meurt ; 1924, c’est au tour d’Antoine Soumeilhan. Sur le plateau Est de la ville, à portée de vue des deux clochers, deux tombes proches. Celle de Charles Nessler, fils d’émigré allemand, confiseur ayant pignon sur rue, rue Marceau, en ville haute. Mais pour la postérité, photographe-voyageur. A quelques pas, la dernière demeure d’Antoine Soumeilhan. Un compagnon charpentier du Devoir et Liberté, venu du Gers, Lui aussi avait jeté l’ancre à Chartres en s’établissant à l’ombre de la porte Guillaume.

 

 

 

Merci de me donner vos commentaires.

re : SOUMEILHAN

Belle étude d'un personnage attachant. Bravo !