La BARTHELOTTE, arracheuse de dents

Jean Marie BARTHELOTTE est né à MAULICHÈRES, petit village près de RISCLE, le 30/04/1837 et s'y est marié le 28/04/1864 avec Sophie DHERS, née vers le 9 Mai 1842 à MERCUS-GARRABET (Ariège) et confiée à l'hospice de FOIX à l'âge d'environ 5 jours ; il est décédé à PAMIERS (Ariège) le 18/08/1881.

Ce couple exerçait en famille le métier de dentiste ambulant, autrement dit arracheur de dents, et se déclarait "mécanicien dentiste". Ils opéraient sur les foires et marchés, ou encore aux portes des églises, dans tout le Sud-Ouest. Le tarif était invariable : 20 sous la dent, mais comme la demande était forte, la situation financière de ces dentistes s'est très vite consolidée. De plus, ils étaient doués d'un excellent sens commercial et, pour attirer la clientèle (et couvrir les gémissements des patients) ils étaient accompagnés d'un orchestre de 4 musiciens dont une grosse caisse.

Décédé à 44 ans, Jean Marie laissait une veuve avec trois enfants qu'elle mit en pension pour qu'ils puissent faire des études et lui permettent de poursuivre son métier dans lequel elle se montrait très habile. Jeune et belle femme, celle que l'on appelait "la BARTHELOTTE", ne cessait d'augmenter ses revenus à tel point qu'elle a pu se faire fabriquer spécialement un carrosse luxueux en guise de cabinet de travail ambulant. Placé sur le toit du carrosse, les musiciens de l'orchestre déguisés en mousquetaires jouaient avec entrain lors de l'entrée de l'attelage dans le village où la spécialiste allait opérer. La foule se massait autour de l'équipage et les patients se pressaient car... les deux premières dents étaient gratuites !

La carrière de la BARTHELOTTE s'est poursuivie pendant de longues années et elle est décédée le 18/12/1905 à PAMIERS où elle avait acquis une grande et belle maison. Son fils ainé, Antoine Emile, a poursuivi de façon sédentaire le métier de ses parents, d'abord à PAMIERS, puis s'est fixé à Nice. On ignore ce qu'est devenu le carrosse.

Un article sur la BARTHELOTTE sera prochainement publié dans la revue de la Société Archéologique du Gers, il apportera des éléments nouveaux précisant les faits relatés dans les journaux locaux.

Arrivée à Condom du "carrosse" de la Barthelotte (photo "Sud-Ouest")

Le carrosse-cabinet dentaire de La BARTHELOTTE arrive en place de Mirande.

Sources : AD 32, 09 et archives du journal Sud-Ouest.